Système d’information personnel

Par quoi commencer ?  Le système d’information personnel…

Nos smartphones et nos tablettes font de chacun d’entre nous des acteurs de la mobilité. Comment et en quoi cet état de fait peut devenir une opportunité pour l’entreprise?

Constat

Nous nous informons, nous consommons, nous échangeons et de plus en plus nous étendons notre nuage personnel d’information:
  • Nous avons accès à une foultitude de services gratuits, pratiques et nous en profitons tous. Cependant, nos données sont dispersées chez les fournisseurs de services en posant de véritables questions de confidentialité et de sécurité.
  • Les fournisseurs de services en ligne souhaitent avoir un maximum d’information sur nos centres d’intérêts, nos comportements (voire notre numéro de carte bancaire!). Leur modèle économique est principalement basé sur la publicité et par conséquent il rend chacun d’entre nous « bankable ».
  • Le Cloud Computing, les WebServices (API) et HTML5 offrent un socle technologique ouvert capable de pérenniser les investissements informatiques en nous libérant des stratégies des constructeurs et des éditeurs.
Questions pour l’entreprise
Comment intégrer le smartphone de mes collaborateurs au système d’information de l’entreprise :
  • En bonne intelligence pour les deux parties
  • En toute sécurité
  • En l’intégrant dans les processus métier
Mon approche
Pour moi, un des points de départ d’une stratégie de mobilité réussie est le micro système d’information personnel des collaborateurs de l’entreprise, levier de base du projet de transformation.
Respecter l’espace personnel des collaborateurs, c’est tenir compte de leurs manières d’aborder l’information, de leur façons de communiquer, leurs préférences en termes d’interfaces homme/machine ou d’utilisation de tel ou tel service.
L’entreprise devrait prendre les devants vis-à-vis des fournisseurs de services ou des plateforme d’Apps en ligne. En étant visible sur ces plateformes et en permettant des achats groupés de services manipulant des données sensibles, l’entreprise deviendrait, à son tour, un fournisseur de services avec un rôle de conseil, par exemple :
  • Comment protéger ses données personnelles ?
  • Comment protéger les données de l’entreprise ?
  • Comment rationaliser l’utilisation des réseaux sociaux ?
  • Comment mettre en place des scenarii automatiques pour optimiser le temps passé sur le Net ?
  • Comment monétiser ses contenus, ses prescriptions ou ses parrainages ?
et un rôle opérationnel avec, par exemple :
  • Distribution d’une solution externe de tableau de bord  mixte Perso/Pro «DashBoard »
  • Utiliser les API des fournisseurs de services pour diffuser les contenus à partir d’une source unique vers des cibles multiples.
  • Utiliser les API des moteurs de recherche pour  diffuser les contenus du système d’information de l’entreprise
  • Utiliser les API des applications collaboratives pour l’intégrer au système d’information de l’entreprise
  • Publier les API du système d’information de l’entreprise dans le cadre des standards technologiques (XML, HTTP, HTML5…) et d’une vraie stratégie de sécurité
  • Etc.
En bonne intelligence, l’entreprise doit accompagner cette mutation pour pouvoir inscrire ses prérogatives comme la sécurité, la confidentialité et l’agilité de ses processus métier.
En s’appuyant sur les offres de services des fournisseurs de services en ligne, elle en tire des avantages concrets et immédiats :
  • La mobilité au service de la performance globale de l’entreprise
  • Une optimisation des processus métier
  • Une capitalisation des contenus de l’entreprise
  • Une conduite du changement grandement facilitée
  • Un système d’information orienté usage
  • Une réduction des coûts d’infrastructure et de développement informatique
  • Une communication d’entreprise plus efficace
En articulant autour du collaborateur la stratégie de mobilité de l’information, nous faisons, à moindre coût, une première phase de modernisation du système d’information.
Cette première phase réduira les risques, la prudence devant le changement et donc les coûts des phases d’intégration suivantes concernant les clients et les partenaires.

Zaïr BEZGHICHE

La compétitivité en équation ?

Après nous avoir convaincu sur la nécessité de l’austérité, les pouvoirs publics souhaitent nous convaincre sur l’impératif que représente la compétitivité des entreprises. C’est le sujet du moment, le Graal de la sortie de crise avec le modèle allemand comme étant l’Alpha et l’Oméga de l’économie.

Pour certains, la compétitivité est une question de coûts: Réduction du coût du travail, réduction des coûts de production, réduction des coûts de commercialisation…etc. Pour d’autres, c’est une question d’innovation, de matière grise, de capital et d’investissements en recherche et développement. Pour d’autres encore, c’est une question de mondialisation, de rééquilibrage nord-sud, de développement durable…etc.
Mais tous s’accordent sur l’effort que nous devons faire à l’export, le passage de nos économies de la dette à la création de valeur, la stabilité politique et fiscale…

Ils ont sûrement tous raison, mais pour moi le sujet est complexe. Il est difficile d’y voir clair. Pour essayer de mieux comprendre ce qu’est la compétitivité de l’entreprise, je me suis livré à un petit calcul.
En partant des hypothèses de base sur lesquelles j’appuie mes convictions pour l’entreprise, j’ai extrait quelques-uns des facteurs qui, à mon sens, sont les plus déterminants :

  • La collaboration. C’est la relation entre les personnes, toutes les personnes. Ceux de l’entreprise, bien sur, mais aussi ceux de ses clients et de ses fournisseurs. C’est tous ensemble qu’ils créent la valeur économique.
  • La valeur d’usage du produit ou du service. C’est le sens des choses, l’appropriation par la fonctionnalité, l’adéquation entre l’offre et la demande, la vérité du marché…
  • L’agilité. C’est le résultat de l’organisation de l’entreprise, de la granularité de ses groupes de travail et de leur liberté décisionnelle, de l’architecture de ses processus métier, de la vitesse d’obtention et de diffusion de l’information. C’est le métrique de la réactivité de l’entreprise dans une économie sous contraintes et sans cesse en mouvement. 

J’ai ensuite déterminé une unité d’œuvre commune, permettant de quantifier ces facteurs : l’information qualifiée échangée.
Pour les plus courageux, en voici une version simplifiée :

C =   (I * Ne) + (2I * (Ne + Nf)) + (4I * (Ne + Nc))
  • I = nombre d’informations qualifiées échangées par jour
  • Ne = nombre de collaborateurs de l’entreprise en relation avec les clients ou les fournisseurs
  • Nf = nombre de personnes chez le fournisseur en relation avec l’entreprise, multiplié par le nombre de fournisseurs.
  • Nc = nombre de personnes chez le client en relation avec l’entreprise, multiplié par le nombre de client.

Un peu réducteur me direz vous ! Sûrement, mais pour ma part, j’y vois un peu plus clair.

Et si nous nous trompions de débat, que la compétitivité de l’entreprise ne pouvait se conjuguer qu’au pluriel pour prendre en compte la chaîne composite de la création de valeur ajoutée, que le modèle allemand et les ETI (Entreprise de taille intermédiaire) n’étaient pas les seules alternatives, que la créativité de nos entreprises devait être mise sous perspective positive.

Il est sûrement trop tôt pour parler d’économie collaborative ou d’entreprise collaborative, mais il serait temps d’intégrer l’impact de la mobilité de l’information sur la compétitivité de nos économies.

Zaïr BEZGHICHE
Conseil en mobilité de l’information