La compétitivité en équation ?

Après nous avoir convaincu sur la nécessité de l’austérité, les pouvoirs publics souhaitent nous convaincre sur l’impératif que représente la compétitivité des entreprises. C’est le sujet du moment, le Graal de la sortie de crise avec le modèle allemand comme étant l’Alpha et l’Oméga de l’économie.

Pour certains, la compétitivité est une question de coûts: Réduction du coût du travail, réduction des coûts de production, réduction des coûts de commercialisation…etc. Pour d’autres, c’est une question d’innovation, de matière grise, de capital et d’investissements en recherche et développement. Pour d’autres encore, c’est une question de mondialisation, de rééquilibrage nord-sud, de développement durable…etc.
Mais tous s’accordent sur l’effort que nous devons faire à l’export, le passage de nos économies de la dette à la création de valeur, la stabilité politique et fiscale…

Ils ont sûrement tous raison, mais pour moi le sujet est complexe. Il est difficile d’y voir clair. Pour essayer de mieux comprendre ce qu’est la compétitivité de l’entreprise, je me suis livré à un petit calcul.
En partant des hypothèses de base sur lesquelles j’appuie mes convictions pour l’entreprise, j’ai extrait quelques-uns des facteurs qui, à mon sens, sont les plus déterminants :

  • La collaboration. C’est la relation entre les personnes, toutes les personnes. Ceux de l’entreprise, bien sur, mais aussi ceux de ses clients et de ses fournisseurs. C’est tous ensemble qu’ils créent la valeur économique.
  • La valeur d’usage du produit ou du service. C’est le sens des choses, l’appropriation par la fonctionnalité, l’adéquation entre l’offre et la demande, la vérité du marché…
  • L’agilité. C’est le résultat de l’organisation de l’entreprise, de la granularité de ses groupes de travail et de leur liberté décisionnelle, de l’architecture de ses processus métier, de la vitesse d’obtention et de diffusion de l’information. C’est le métrique de la réactivité de l’entreprise dans une économie sous contraintes et sans cesse en mouvement. 

J’ai ensuite déterminé une unité d’œuvre commune, permettant de quantifier ces facteurs : l’information qualifiée échangée.
Pour les plus courageux, en voici une version simplifiée :

C =   (I * Ne) + (2I * (Ne + Nf)) + (4I * (Ne + Nc))
  • I = nombre d’informations qualifiées échangées par jour
  • Ne = nombre de collaborateurs de l’entreprise en relation avec les clients ou les fournisseurs
  • Nf = nombre de personnes chez le fournisseur en relation avec l’entreprise, multiplié par le nombre de fournisseurs.
  • Nc = nombre de personnes chez le client en relation avec l’entreprise, multiplié par le nombre de client.

Un peu réducteur me direz vous ! Sûrement, mais pour ma part, j’y vois un peu plus clair.

Et si nous nous trompions de débat, que la compétitivité de l’entreprise ne pouvait se conjuguer qu’au pluriel pour prendre en compte la chaîne composite de la création de valeur ajoutée, que le modèle allemand et les ETI (Entreprise de taille intermédiaire) n’étaient pas les seules alternatives, que la créativité de nos entreprises devait être mise sous perspective positive.

Il est sûrement trop tôt pour parler d’économie collaborative ou d’entreprise collaborative, mais il serait temps d’intégrer l’impact de la mobilité de l’information sur la compétitivité de nos économies.

Zaïr BEZGHICHE
Conseil en mobilité de l’information

FaceBook ou l’économie collaborative ?

Facebook : ni un diable, ni un bienfaiteur

Facebook dérange, il suffit de lire les commentaires. Pour certain, le média social nous est présenté comme le nouveau Big Brother, comme le manipulateur et le receleur de nos données personnelles, comme le complice de la nouvelle bulle spéculative ou le nouvel usurier du Web….  Pour d’autres, ils se félicitent de l’appropriation du média social par les acteurs économiques comme les médias, le marketing ou les créateurs de fonctionnalités additives, en insistant sur le gisement économique et sur le nombre d’emplois créés.
Or, « Facebook » n’est ni un diable, ni un bienfaiteur. Il vit dans le Web.
Il est seulement une entreprise basée sur le seul modèle économique rentable du Net et qui propose un outil qui correspond à l’un de nos besoins majeurs, celui de nous répandre. Et pour ceux qui veulent faire un peu de prospective, il est l’une des premières instanciations de l’intelligence informationnelle. Et ce n’est qu’un début…
Le fait de nous répandre n’est pas nouveau, c’est dans notre ADN. Néanmoins, le Web extrait l’information de la relation pour en augmenter le volume et l’instantanéité. Ainsi et à peu de frais, les fournisseurs de services comme Facebook accélèrent notre formation sur le terrain. En revisitant nos fondamentaux, ils nous aident à nous poser les bonnes questions:
  • Je suis un individu, quelle est ma relation avec mes amis?
  • Je suis un citoyen, quelle est ma relation avec les gouvernances politiques ?
  • Je suis un consommateur, quelle est ma relation avec un produit ou une marque ?
  • Je suis un professionnel, quelle est ma relation avec mon entreprise, mes collaborateurs, mes actionnaires, mes clients, mes partenaires?
  • Je suis un journaliste, quelle est ma relation avec mes lecteurs ?
  • Je suis un artiste, quelle est ma relation avec mes fans ?
  • Etc..
De mon point de vue, la relation et l’information associée doivent rester au centre de nos réflexions. En effet, elles posent le curseur à la bonne place en étant le point de départ de la mutation que nous vivons : de la relation à l’interaction, de l’interaction à la collaboration, de la collaboration au partage.
Je veux penser que nous ne sommes qu’au début d’un processus vertueux, nous sommes en train de fusionner notre identité réelle et notre identité virtuelle.
Avec des erreurs et des incompréhensions, nous apprenons ou plus exactement nous réapprenons. Nous réapprenons les autres, nous réapprenons la transparence, nous réapprenons la valeur d’usage des choses,  nous réapprenons à acheter ou à vendre….
Si et seulement si, les acteurs économiques comme Facebook, Google et les autres prennent clairement leurs responsabilités économiques et sociétales; Si et seulement si, nous sommes suffisamment vigilants et que nous nous protégeons mieux en exigeant une vraie traçabilité de nos données; alors, nous deviendrons des acteurs incontournables capables de faire émerger un modèle qui nous ressemble : l’Economie Collaborative.

Zaïr BEZGHICHE
Conseil en mobilité de l’information