Chap V- Conseils pratiques

Une révolution réussie est une révolution qui élargit et pérennise les acquis pour la majorité de la population. Pour asservir la révolution de l’information à nos besoins, nous pouvons rapporter la création de valeur et la médiation économique à notre échelle. Nous évoquerons comment libérer notre énergie et nos capacités d’expression. Nous verrons comment créer du contenu qualifié et orchestrer notre information et celle des autres.

« Nous pourrions trouver mille et une raisons de ne pas faire les choses et attendre qu’un messie vienne nous servir la soupe. Pourtant, la seule personne capable de le faire c’est soi-même.  C’est le point de départ à toutes les réponses possibles.
Pourquoi ne pas se poser au centre de tout ?  […] En répondant à nos propres questions et à nos propres aspirations, nous investissons sur nous-mêmes avec l’objectif d’étendre notre champ de vision, d’augmenter nos capacités d’action et de faire grandir le socle qui nous soutient. »

L’Identité numérique
« En revanche, d’autres entreprises sont conscientes des conséquences de la mutation numérique sur leur avenir économique. Elles réagissent en adaptant leur organisation autour de la créativité de leur personnel ainsi que de la médiation de leur information et de leur processus. Elles décloisonnent, elles décentralisent les circuits décisionnels, elles éliminent l’empilement hiérarchique. Les conditions de travail sont construites en respectant le bien-être de leur personnel, elles transforment l’information dynamique en un véritable capital. »

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Chap IV- Quelle économie pour demain ?

À la manière d’un fil d’Ariane nous allons suivre l’information et sa mécanique pour explorer le devenir possible de notre économie et essayer de la rendre prévisible. […] Nous verrons de quelle manière notre simulation transformera les acteurs économiques et comment elle influencera nos modes de vie.[…] Il est une passerelle interactive entre les hommes […] en ouvrant de nouvelles pistes notamment sur la création de valeur économique. Le numérique n’est pas bon ou mauvais, il se contente d’amplifier et d’accélérer nos bonnes et nos mauvaises décisions. Il rend visible nos carences et nos incompétences. Il transcende notre intelligence et notre bienveillance.

« Le numérique est une chance, c’est une véritable opportunité que nous pouvons saisir. […]  Il nous permet de nous voir dans notre globalité. Nous percevons bien que l’individualisme, le « chacun pour soi » et la cupidité sont des motivations à court terme qui desservent notre cause commune. Dans le même temps, nous nous demandons comment concilier nos intérêts particuliers avec l’intérêt général, comment trouver les bons équilibres. […]
C’est exactement ce que nous propose le numérique. Nous pouvons nous saisir du pouvoir immense qu’il nous tend. Il nous permet de redevenir acteur de nos ambitions, de nos principes et de nos valeurs. « 

La transition économique
« Notre modèle de prospective économique devra prendre en compte les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur notre économie. Nous verrons comment ces dernières nous entraînent irrémédiablement vers la virtualisation progressive des entreprises, l’élimination de la publicité de masse ainsi que de la quasi-totalité des intermédiaires. Nous verrons comment, cette mécanique est paradoxalement l’un des aboutissements de la recherche de compétitivité unitaire et concurrentielle des entreprises. »
[…]

« Le numérique facilite l’émergence de nouvelles collaborations économiques comme les comparateurs de prix, les achats groupés, les prêts entre particuliers, l’échange ou le partage de biens. Il facilite également la mutation vers l’économie de fonctionnalités en accélérant le passage de la propriété à l’usage. […]
[…] Une plus grande indépendance du consommateur aurait pour effet de favoriser les interactions directes avec les producteurs ou les fournisseurs en éliminant progressivement les intermédiaires.
Le système d’information personnel des consommateurs accélérerait davantage ces mutations. Ils participeraient à terme à la création de biens ou de services pour répondre au plus près à leurs propres besoins. »
[…]

« A chaque fois que nous produisons un travail, nous créons de la valeur. Cette dernière peut être de type économique, sociale, culturelle ou tout simplement à caractère humain. Elle est majoritairement inscrite dans un œuvre commune. Cependant, elle est quantifiée individuellement et de façon systématique.
L’heure est l’unité de temps de la création de valeur. Elle est calculée en fonction de l’expertise nécessaire à effectuer un travail donné. Cette expertise est déterminée en fonction du niveau de formation, de l’expérience acquise et de des indicateurs issus de l’école métier. Le coût horaire est encadré par une valeur minimum et une valeur maximum. »

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Chap II- L’Economie

L’économie est la première organisation humaine à subir les coups de boutoirs du numérique. En décrivant les principaux acteurs économiques à travers leur rapport à l’information, nous analyserons leurs champs d’action et leurs limites. En isolant certains de leurs comportements, nous essayerons de saisir l’origine de leurs contraintes.

« L’économie est un système complexe. Les hommes, les ressources naturelles, les entreprises et les pouvoirs publics interagissent. Certaines de ces interactions ont des conséquences strictement locales, limitées à un nombre restreint d’acteurs. D’autres ont des conséquences globales et contraignent fortement tout le système. Elles sont d’ordre systémique en nous imposant une compréhension du système dans son ensemble. « 
[…]
L’entreprise
« Le système d’information porte la cartographie de l’entreprise. Les logiciels agencent l’information produite par les salariés à travers les ordinateurs, les machines ou les robots, connectés en réseau. Le système d’information de l’entreprise est l’outil majoritairement utilisé pour augmenter le chiffre d’affaire et réduire les coûts. Plus le savoir-faire est numérisé, plus la marge de manœuvre pour augmenter la performance économique de l’entreprise est grande. »
[…]

Le salarié
« Ce qui prime pour l’entreprise est l’adéquation entre le savoir-faire du salarié et les besoins du poste de travail. Néanmoins, l’intégration à la création de valeur du coût global de ce savoir-faire, incluant les impôts et les taxes, reste déterminant.
Le bonheur ou les ambitions du salarié ne sont pas des variables économiques. La réglementation rend les conditions de travail humainement acceptables avec la culture d’entreprise et la politique managériale pour gérer les ressources humaines. »

[…]
« Pour ceux qui ont un emploi, la compétitivité et les conséquences de la numérisation deviennent anxiogènes. L’entreprise et son marché deviennent davantage exigeants. Les conduites du changement et l’accompagnement managérial ne sont pas toujours suffisamment efficaces.
Pour les demandeurs d’emploi, nous exigeons un savoir-faire toujours plus pointu pour couvrir plus de fonctionnalités. La barrière à l’entrée devient difficile pour une part croissante de la population active. »
[…]
« Pour la majorité d’entre nous, le poste de travail se présente, de plus en plus, comme un accès au système d’information de l’entreprise. Que ce soit via le pupitre d’une machine outil, d’un ordinateur individuel ou d’une caisse enregistreuse nous percevons le numérique comme une extension de notre savoir-faire et une unité de mesure de notre propre performance.
Dans le même temps, l’ergonomie offerte par l’internet et nos smartphones, nous familiarise avec des expériences utilisateurs plus simples et mieux adaptées. Par conséquent, le système d’information de l’entreprise est mis en compétition avec ces facilités offertes par l’extérieur. « 
Le consommateur
« Nous sommes le marché. Le point de départ d’une longue chaîne d’événements. C’est pour ces raisons que nous sommes sondés, scrutés, analysés, numérisés, catalogués, segmentés. Les entreprises cherchent à vendre et à anticiper nos besoins et nos usages pour pouvoir orienter leurs innovations et amortir leurs investissements. Plus elles disposent d’informations fiables nous concernant, mieux elles peuvent prédire nos besoins et qualifier le risque d’échec de la mise sur le marché d’un nouveau produit ou d’un nouveau service. »

« En parallèle, certaines entreprises se sont spécialisées dans le commerce de nos informations.[…]
Bref, nous avons fait un deal implicite avec ces avantages et ces inconvénients. En sommes et en paraphrasant un slogan connu : « si c’est gratuit, vous êtes le produit ». »

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Préambule – Extraits

La donnée a changé de statut, elle a fait une révolution. 
Elle est devenue libre et autonome. En gagnant ses galons, elle a changé de nom. 
À présent, nous l’appelons l’information.

« Autrefois, l’informatique évoluait sur de gros ordinateurs qui centralisaient et confinaient les données. Elles étaient asservies à des logiciels. Les applications spécifiques représentaient les seuls accès pour manipuler les données. Avec l’avènement des micro-ordinateurs, de l’internet, des smartphones et des tablettes, les données se sont libérées. L’apparition des standards de description de l’information furent le point de départ d’un grand changement. Les données basculèrent des bases centralisées aux bases distribuées. »
[…]
« En changeant de gabarit, elles devinrent polymorphes et mobiles. Elles prirent leur revanche. À leur tour, les données asservirent les logiciels et sont en passent de les reléguer à de simples fournisseurs de fonction, nommées API .
La donnée a changé de statut, elle a fait une révolution. Elle est devenue libre et autonome. En gagnant ses galons, elle a changé de nom. À présent, nous l’appelons l’information. »
[…]
« Parfois, nous présumons qu’elle est animée par une main invisible dotée de sa propre mécanique, pourtant c’est celle que produit chacun d’entre nous. […]
C’est à partir de ce point de vu que je propose une grille de lecture sur la profonde mutation économique que nous vivons. A travers la fenêtre de l’information, nous ferons un décryptage visant à éclairer les pistes possibles de notre futur individuel et collectif. Nous nous arrêterons sur notre environnement économique d’aujourd’hui, sur son devenir prévisible et sur les leviers concrets et pragmatiques pour accompagner cette mutation. »
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